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Vous avez un cancer ou avez survécu au cancer? Vous avez franchi toutes les étapes de la maladie vous-même ou auprès d’un être cher? Pourquoi ne pas vous joindre à un organisme qui aide les groupes et personnes offrant des traitements de qualité supérieure à vos parents, amis ou voisins atteints du cancer? Racontez-nous votre histoire. Vous serez une source d’inspiration pour ceux et celles qui doivent franchir, eux aussi, les étapes marquantes de la lutte au cancer.

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Témoignage d’un survivant

David Laforge Ottawa est l’une des plus belles villes du monde. En hiver, toutefois, elle se démarque tout particulièrement. Elle offre un vaste réseau de pistes de ski de fond, et ses patinoires font la joie des nombreux aspirants à une carrière dans la LNH. Sur le canal Rideau, la plus longue patinoire extérieure au monde, défilent de belles petites familles, des jeunes débordants d’énergie et d’autres patineurs enthousiastes. Dans les rues déambulent des voitures tachetées de sel et des piétons au nez rougi par le froid.

En mars 2007, j’avais 27 ans et je profitais pleinement des joies de l’hiver. J’étais amoureux d’une superbe jeune femme avec laquelle je voulais passer tout mon temps. J’adorais mon nouvel emploi. Le monde était à moi.

Ce qui aurait pu être l’un des hivers les plus heureux de ma vie s’est soudainement transformé, sans compassion, en un véritable cauchemar. Il a suffit d’un seul appel du médecin m’annonçant que le nodule découvert sur ma thyroïde, que j’avais signalé lors d’une visite de routine la semaine précédente, était cancéreux. J’ajouterai que plus de 99 % des nodules thyroïdiens ne sont pas cancéreux.

J’ai tout de suite appelé mon père. Aux deux bouts du fil, nous avons longtemps gardé le silence, incrédules. Je savais alors que mon chemin ne serait pas pavé de brique jaune comme celui de Dorothy au pays d’Oz. J’ai alors franchi plusieurs étapes : traitements, chirurgies et isolement médical. Rien de tout cela n’était plaisant, mais tout était nécessaire.

Quand je repense à ma lutte contre le cancer de la thyroïde, je constate que le plus difficile n’était pas le traitement, mais le fait de « savoir », tout en n’en sachant pas assez. D’abord, quand on apprend qu’on a le cancer, on a l’impression de se noyer. On n’y croit pas, on doute, on a peur, on est en colère. Comment est-ce que ça peut m’arriver à moi? Et pourquoi moi bon dieu? Je suis trop jeune, trop occupé, trop ceci et trop cela pour porter en moi cette présence étrangère, silencieuse et mortelle. J’avais l’impression de me noyer, emporté par un grand tourbillon de doutes. C’est là que commence la prise de conscience : même si vous entendez parler du cancer depuis longtemps, si des membres de votre famille ou vos amis ont eu le cancer, ou y ont peut-être même succombé, vous vous rendez compte que vous ne connaissez à peu près rien de cette maladie… Le fait de « ne pas en savoir assez » devient alors encore plus effrayant et omniprésent que le fait de savoir qu’on a le cancer.

Dans mon cas, la phase d’acceptation du diagnostic de cancer en est une que j’ai traversée par moi-même, d’une certaine façon. Je crois que chaque personne trouve sa propre voie, ses propres appuis et ses propres solutions pour traverser cette phase. Ça m’a pris beaucoup de temps, plus sans doute que la majorité des gens. C’est le chirurgien chargé de mon opération qui a finalement apaisé mes craintes et qui a donné réponse à mes questions. Grâce à son grand professionnalisme et à son attitude rassurante, ce médecin m’a rapidement et entièrement convaincu de mettre ma vie entre ses mains, et que, même s’il y a toujours des risques, mes chances de guérison totale était excellentes.

On décèle chaque année quelques centaines de cancers de la thyroïde au Canada, et environ 20 000 aux États-Unis. Ce cancer touche trois fois plus souvent les femmes que les hommes. Il s’attaque à tous les groupes d’âge, le plus souvent chez les personnes de 30 ans et plus, et sa gravité augmente proportionnellement à l’âge des patients. Le choc d’apprendre que l’on fait partie de ces statistiques est probablement l’un des plus difficiles à encaisser.

Quant à l’ignorance à propos du cancer, je pense que nous sommes tous dans la même situation, jusqu’à ce qu’il soit nécessaire de savoir. Je remercie le ciel d’être né à l’ère de l’informatique et d’Internet, car j’y ai trouvé beaucoup d’information sur le cancer, les causes, la prévention, la recherche, les opérations, les traitements et la phase postopératoire. On y trouve aussi des groupes de soutien, des professionnels dans des centres de traitement et des milliers de témoignages de survivants.

David Laforge Si vous menez une lutte contre le cancer ou accompagnez un être qui livre ce combat, utilisez toutes les ressources, humaines et autres, qui pourraient vous aider à comprendre et à vous sentir mieux. Il est rassurant de savoir que de vraies personnes traversent les mêmes vraies épreuves que vous et sont prêtes à vous épauler, de savoir que vous n’êtes pas seul et que d’autres sont passés par là avant vous. Il faut sans doute un peu de courage et de pratique, mais vous apprendrez à poser des questions et encore des questions jusqu’à ce que vous soyez satisfait des réponses.

Aujourd’hui, je suis un survivant! Je fais partie du groupe des chanceux. J’ai fait mon cheminement et j’en sais beaucoup plus sur le cancer que je n’ai jamais voulu en savoir. Cette expérience m’a ouvert les yeux à plus d’un égard. Je sais que d’une certaine façon, je suis bien placé pour partager avec d’autres cette expérience unique que j’ai vécue.

  • Si vous le pouvez, trouvez un être aimé ou un ami proche qui vous accompagnera tout au long de ce périple. C’est un parcours effrayant qu’il vaut mieux ne pas emprunter seul. Je remercie mes parents et ma partenaire d’avoir parcouru ce chemin avec moi, en compagnons réconfortants de chaque instant.

  • Consacrez autant d’énergie que vous le pouvez à trouver les réponses précises qui vous feront vous sentir mieux. Les ressources sont si nombreuses, il suffit de les exploiter en vous rappelant que vous trouverez seulement ce que vous voulez vraiment savoir.

  • Prenez rendez-vous en personne ou au téléphone avec des professionnels de la santé et des oncologues qui vous fourniront les renseignements et conseils médicaux dont vous avez besoin. Ce sont eux qui connaissent les bonnes réponses. Votre confiance sera proportionnelle à leur assurance et à leur expérience.

  • Un dernier conseil : Suivez les directives. Léger assemblage requis. Piles non comprises

David Laforge habite à Ottawa et a combattu le cancer depuis un an.

 

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